Le Tour de France des Fromages Sentinelles

Par Fromages Naturels de France

Nous sommes partis de chez Janine et Denis Lelouvier le 16 septembre 2019 au matin ; de leur ferme, la Ferme du Chateau de Coupigny, où ils produisent ce merveilleux camembert « Naturellement Normande », pour rejoindre Bra le 19 septembre au soir, à environ 2100 kms. Le village de Landelles et Coupigny est situé à 12 km au nord-ouest de Vire.

Quatre étapes pour rencontrer les 5 autres fromages Sentinelles : Cussac dans le Cantal chez Charlotte pour le Salers Tradition, Bilhères chez Joseph Paroix et Gourette chez Christine Arripe, dans la vallée d’Ossau, pour les 2 tomes de Brebis d’estive, la Basque et la Béarnaise, Montesquieu dans l’Hérault chez Laurence Testa, au nord de Béziers, pour le Pélardon Affiné, et La Roque d’Anthéron dans le Luberon chez François Borel pour la Brousse du Rove.

 

Le départ de ce premier Tour de France des fromages Sentinelles a été donné depuis la Sentinelle la plus récente, le Camembert Fermier Naturel, officialisée à CHEESE’19, et la dernière étape a été celle de la première Sentinelle, la Brousse du Rove. Après cette dernière étape nous sommes passés par la montagne pour atteindre Bra le 19 septembre vers 18h30, et non par la côte comme le montre cette carte.

Nous avions trois véhicules. Le Traffic Frigo que Stéphane Lefébure (ferme-fromagerie de La Quesne, producteur de la tome de Bray, la Meule de Bray et du Saint-Bray à Bois Héroult, au nord-est de Rouen) et Monica Herrera son épouse (spécialiste de la communication en gastronomie) ont bien voulu prêter et conduire, la voiture de Patrick et celle de Nicolas.
Pour le départ, nous nous sommes retrouvés la veille au soir pour passer la nuit dans un des gîtes que Janine et Denis nous avaient gentiment prêté, et partir à une heure descente pour cette prometteuse, longue et express tournée. 2100km pour rejoindre Bra en 3 jours ! Janine et Denis nous ont invités à diner en famille, avec les parents de Janine et les enfants ! Les parents de Janine restaient pour aider pour les enfants et à la fabrication du camembert pendant la tournée !
Levé.e.s de bonne heure nous chargeons les 150 camemberts Naturellement Normande, des fudges et du cidre qui complète celui que Nicolas a apporté du Pays d’Auge, et embarquons l’équipe, composée de Janine, Monica, Stéphane, Graham (en stage agro à SlowFood int’l), Thibaut, cinéaste, producteur notamment du film Overalls and Aprons (Tabliers et Salopettes), Jérôme (journaliste, crémier-fromager et vidéaste : la communauté des fromages) et moi-même. Donc pas mal de monde pour 2 véhicules, mais ça rentre, et il n’y a pas besoin de mettre quelqu’un dans le frigo, ouf !
Les fournisseuses du lait bio, toutes normandes, ont aussi participé au départ, à leur façon.

Le temps de faire des adieux un peu émus, même pour Jack le Border Collie anglo-normand, Janine monte dans le Traffic à côté de Monica. Et c’est parti !

L’idée du Tour de France des fromages Sentinelles est que les producteurs des 6 fromages Sentinelles se rencontrent, échangent, apprennent les uns des autres et aient envie de continuer à se voir et former un groupe pour créer le noyau de l’association Fromages Naturels de France. Les autres participants étaient là pour que la caravane fonctionne, et pour le fun.

Une équipe communicante composée de Monica et Graham, aidés de Valentine restée en Savoie, pour communiquer en live sur les réseaux, et Jérôme et Thibaut pour prendre des images pour préparer un résumé de ce tour de France et surtout préparer un vrai film sur le sujet.

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Première étape : chez Patrick, à la ferme de La Novère à Champsecret, à 50km au sud-ouest de Falaise, où nous chargeons 100 camemberts Champ Secret et aurions dû embarquer du Gwell que Nicolas Guérin avait fait livrer, mais qui n’avait malheureusement pas été livrés.

Patrick prend son véhicule, ce qui permet d’avoir un peu de place pour cette tournée de plus de 3000 kms aller-retour!
De chez Patrick nous partons vers St Flour, au sud de Clermont-Ferrand et à une enjambée de chez Charlotte à Cussac pour être tout près de chez elle car nous devrons y être pour la traite, vers 6 heures du matin !

 

En chemin nous nous arrêtons pique-niquer à Rochecorbon sur le bord de la Loire. La fine équipe avec, de gauche à droite : Stépahen, Patrick, Thibaut, Jérôme, Graham, Monica, Janine.
Après cette pause bien méritée, nous reprenons la route pour St Flour.

Nous passons la nuit à l’hôtel Du Nord.
Levés aux aurores le 17 matin, nous partons pour assister à la traite chez Charlotte, à Cussac, à 20mn de voiture.

Moment très impressionnant : un ballet avec 100 vaches à traire en présence de leur veau. Sans son veau la vache Salers ne donne pas son lait. Il doit téter d’abord pour que la vache se laisse traire ! Pas simple à seulement 2 personnes.
Le collègue de Charlotte va chercher les veaux par 3 ou 4, pour qu’ils rejoignent leur mère, qu’ils retrouvent facilement.

Et cela deux fois par jour, d’avril à octobre ! Après chaque traite les vaches retournent à leur prairie, quasiment seules, un peu aidées par les chiens et accessoirement par le père et l’oncle de Charlotte. Il faisait beau et nous avons eu le temps de visiter l’atelier/laboratoire, voir la fabrication, et visiter la cave pleine de ces magnifiques fromages.

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Après un bon café au soleil et des échanges passionnés, nous quittons Cussac pour rejoindre Bilhères, chez Joseph Paroix, dans la vallée d’Ossau, au sud d’Oloron Ste Marie. Mais avant cela nous faisons une petite pause déjeuner à Laguiole dans l’Aubrac. Longue route encore entre Laguiole et chez Joseph. Le soir, accueil très chaleureux de Joseph, discussions avec ses brebis, qu’il a cédées à des amies, et avec ses magnifiques vaches surveillées par un taureau pas commode. Puis excellent dîner, sympa et convivial chez Joseph le berger. Nuit calme, sauf peut-être pour Janine qui a dormi dans une tente sans matelas…
Le 18 matin, il fait grand beau, nous roulons jusqu’à Gourette pour rencontrer Christine Arripe qui nous attend à son estive de La Montagne Verte. Nous sommes rejoints par des membres de l’asso aet3vb avec Lucie, et Jean-Bernard qui apportait ses tomes du Pays Basque voisin. Après un super déjeuner préparé par Christine, elle et son mari nous emmènent en haut de l’estive, voir les brebis.

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Au retour nous embarquons les fromages de Jean-Bernard, ceux de Christine et des tomes de chèvres de productrices membres de l’association. Nous quittons Gourette vers 15h pour Montesquieu au nord de Béziers, chez Laurence Testa, au Mas Rolland. Objectif : visiter sa ferme de chèvres alpines, et se faire présenter la fabrication de ses fameux Pélardon affinés.

Après la visite du labo et les explications détaillées de Laurence, elle nous convie à un diner chaleureux et excellent.

Nous arrivons très tard à Béziers où nous passons la nuit chez Jeanne (cousine de Nicolas) et Jean-Claude à Béziers. Bel accueil dans une jolie maison de ville du vieux Béziers.

Le 19 matin, direction La Roque d’Anthéron pour rencontrer François Borel, voir sa ferme et sa production de Brousses du Rove.

En passant à Avignon, nous déposons Patrick à la gare TGV car il doit se rendre à Paris pour une réunion décisive sur l’AOP Camembert de Normandie. François nous détaille gentiment sa production, qu’il fait avec sa sœur. Il nous fait une petite dégustation. Il ne reste pas beaucoup de brousses car c’est déjà la fin de la saison, et il n’y en aura que quelques-unes pour CHEESE’19. Nous avons eu un peu de temps pour admirer les magnifiques chèvres du Rove.

Et nous repartons en direction de Bra en passant par la montagne, avec un stop-déjeuner à Barcelonnette. Arrivée à Bra vers 18h30. Nous avons récupéré Patrick le 20 tard dans la nuit, grâce à Janine qui a eu le courage de le récupérer à la gare de Turin.

La presse se presse, et cela vaut bien un petit coup au bistrot d’en face !
Comm et conf, le b.a. ba de la fermière et du fermier modernes !

Tout a été vendu !

En fait, dès le samedi nous avons dû freiner la vente des camemberts pour ne pas en manquer. Malgré ça et une forte inflation sur les prix, nous en avons manqué et avons dû vendre les 2 derniers aux enchères dès dimanche. Enchères gagnées pas Christophe Chevrier, le père de Valentine.

Le dernier jour, quand nous nous promenions dans la rue, les gens nous demandaient s’il restait des camemberts,…

Merci à toutes et à tous, pour vos fromages exceptionnels, votre bonne humeur, la préparation du projet, et votre efficacité sur place,… Ce 1er stand commun à toutes les sentinelles françaises en appelle un 2ème !

RENDEZ-VOUS A CHEESE’21 AVEC AU MOINS UNE OU DEUX SENTINELLES EN PLUS !

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